27.06.2008
Mouvement introductif
"Nuktiphaès peri gaïan allômenon allotrion phôs"
Claire dans la nuit autour de la terre errante, lumière d'ailleurs....
PARMENIDE, Vè av J.C.
Les cavales qui me portent aussi loin que les mènera leur désir, m'entraînent avec elles....
Des rêves de voyage, envahissants. Des déserts tels d'inaccessibles archipels. Encore en période de bouclation de sac. Encore une fois, le mot se fait varech et voile. Jusqu'à toucher ce point, ce tressaillement lumineux que personne ne peut expliquer et que les vivants atteignent parfois....
Partir. De l'ocre dans mes sandales, au pays du peuple chameau et des danses de coquillages.
Partir à la rencontre des gens des nuages, à la poursuite de la pluie.
Mon histoire se lève aujourd'hui sur cette terre malienne, comme une poussière faite de rumeurs et de légendes. Comme une musique, un blues de savane, un jazz de harlem. Comme une poésie. Une litanie de la vie. La nuit tombe sur les caps finistériens. L'Afrique m'attend, Elle est là, à quelques lunes, défiant mes espoirs, mes obstacles, mes habitudes, mes souvenirs. L'attente se fait rimbaldienne. Les soleils d'équateur braillent à mes portes. Retrouver ces bouleversantes rencontres avec des êtres qui peuplent la mémoire du ciel et du vent.
Sous mes toits corsaires, dans la fraîcheur d'une nuit de juin et d'une pluie caline, les toiles et les tuniques mijotent dans la marmite d'insect ecran. Ali Farka Toure, l'âme de Senghor, des soleils tam-tam grésillent dans le transistor.
Un blog.
Des pas en passant.
Pour partager ce voyage avec tous ceux que mon coeur de varech et de granit, lors de mes vies d'autrefois, d'aujourd'hui et de demain, a un jour croisés. Pour que mes mots de sable ne s'envolent pas, le premier vent bleu touareg levé. Pour le basalte et les bruyères. Pour que chantent les chemins pavés d'espoirs. Pour que ma légende peuple à son tour la mémoire du ciel et du vent.... Le temps de mes royaumes, pareil à celui du fleuve d'Héraclite coule dans un éternel présent.
Et parce que même dans mes voyages les plus solitaires, je dépose mes mots guenille à tes pieds, toi, mon île étonnante...
"Mais je n'aime tes pieds
que pour avoir marché
sur la terre et aussi
sur le vent et sur l'eau
jusqu'à me rencontrer"
PABLO NERUDA, "les vers du capitaine"
Roscoff, le 27 juin 2008
00:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







Écrire un commentaire