30.06.2008

patate

 

Pfffffffff mais quelle grosse patate atomique que je suis...

Patatez eo ! Patata sum ! Patatè eïmi ! I'm a grosse patate. Ich bin eine grosse Kartoffeln.

J'ai oublié à la maison à Roscoff le cabulum de mon appareil photo. Vous risquez donc pas de voir le roman photo au jour le jour du voyage !

C'est drôlement con mais vous allez peut-être louper un arrachage de dents typique dans un boui-boui de Tombouctou. Va falloir attendre fin août pour les images.

 May the Patate power be with you.....

Non, c'est bon, j'ai vérifié, j'ai bien l'appareil photo :)

Hola chico !

 

Petits conseils (f)utiles à l'usage du voyageur

Des pikouzes, des tas de pikouzes en pagaille, sproutchhhhhh, en intraveineuse, en intramusculaire, dans le gras des fesses, entre deux picotis de rousseur sur l'épaule, chez le toubib, à l'hosto des armées, au cabinet vétérinaire... 

La moustiquaire pour roupiller tranquille, la crème solaire indice quarante-douze, la malorone lunaire en trente-dix-sept comprimés, le pot de biafine, les fraises tagada, les pansements, les antibios, ....

Une bonne trousse à pharma bien lourde qui plombe le gros sac mais évite bien des bobos....

....Et puis, lalalalilala, voilà comment on se retrouve un midi, comme ce midi ci entre tous les midis, à quelques heures du départ... A croquer dans une nectarine et à perdre un bout de dent. A gratouiller du bout du doigt et à voir la molaire s'émietter... Bordel de soupe aux tagadas. Râââââhhhhhh ! A téléphoner à tous les dentistes du coin. Bois d'Arcy, Versailles, Saint-Quentin en Yvelines, Trappes.... SAINT-CYR L'ECOLE............... Ouf !

Après c'est comme Lilian, je me dis qu'il est préférable de devoir aller en urgence chez le dentiste, plutôt que choper une chaffouine de rage de dent en plein désert doré du Mali, et devoir aller voir le sorcier du village qui me l'arrachera comme on arracherait les chicos d'un mulet enragé.

Des fois, je me dis que j'aurais dû planter deux mois ma tente sur l'Ile Callot. Trois pater et cinq ave maria-malarona, faudra bien prier la Mémère barbichette pour qu'elle protège mon périple chez les dogons.  

 

30 Juin 2008 - Boidarland

 

27.06.2008

Mouvement introductif

"Nuktiphaès peri gaïan allômenon allotrion phôs"

Claire dans la nuit autour de la terre errante, lumière d'ailleurs....

PARMENIDE, Vè av J.C.

 

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Les cavales qui me portent aussi loin que les mènera leur désir, m'entraînent avec elles....
Des rêves de voyage, envahissants. Des déserts tels d'inaccessibles archipels. Encore en période de bouclation de sac. Encore une fois, le mot se fait varech et voile. Jusqu'à toucher ce point, ce tressaillement lumineux que personne ne peut expliquer et que les vivants atteignent parfois.... 
Partir. De l'ocre dans mes sandales, au pays du peuple chameau et des danses de coquillages.
Partir à la rencontre des gens des nuages, à la poursuite de la pluie.
Mon histoire se lève aujourd'hui sur cette terre malienne, comme une poussière faite de rumeurs et de légendes. Comme une musique, un blues de savane, un jazz de harlem. Comme une poésie. Une litanie de la vie. La nuit tombe sur les caps finistériens. L'Afrique m'attend, Elle est là, à quelques lunes, défiant mes espoirs, mes obstacles, mes habitudes, mes souvenirs. L'attente se fait rimbaldienne. Les soleils d'équateur braillent à mes portes. Retrouver ces bouleversantes rencontres avec des êtres qui peuplent la mémoire du ciel et du vent.
Sous mes toits corsaires, dans la fraîcheur d'une nuit de juin et d'une pluie caline, les toiles et les tuniques mijotent dans la marmite d'insect ecran. Ali Farka Toure, l'âme de Senghor, des soleils tam-tam grésillent dans le transistor. 
Un blog.
Des pas en passant.
Pour partager ce voyage avec tous ceux que mon coeur de varech et de granit, lors de mes vies d'autrefois, d'aujourd'hui et de demain, a un jour croisés. Pour que mes mots de sable ne s'envolent pas, le premier vent bleu touareg levé. Pour le basalte et les bruyères. Pour que chantent les chemins pavés d'espoirs. Pour que ma légende peuple à son tour la mémoire du ciel et du vent.... Le temps de mes royaumes, pareil à celui du fleuve d'Héraclite coule dans un éternel présent.
Et parce que même dans mes voyages les plus solitaires, je dépose mes mots guenille à tes pieds, toi, mon île étonnante...
"Mais je n'aime tes pieds
que pour avoir marché
sur la terre et aussi
sur le vent et sur l'eau
jusqu'à me rencontrer"
PABLO NERUDA, "les vers du capitaine"
Roscoff, le 27 juin 2008

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