09.07.2008
De Bamako à Ségou
Voici quelques jours que nous avons quitté Bamako pour rejoindre notre camp à Ségou sur les rives du fleuve noir, le mythique Niger. Voguent les pinasses et roulent les bus. Quitté la capitale et marche vers la gare routière avec nos sacs dans le petit matin déjà brûlant. Un bus avec climatisation douteuse, des chèvres sur le toit, des poules dans l'allée. Bienvenu au Mali. La traversée du pays a été assez fant^matique. Des villages, des cases, des enfants en guenille braillant pour deux ou trois piecettes. Des souffles rouges venus du désert apportaient une relative fraîcheur. Et voilà Ségou l'impériale qui se dresse sous nos yeux. Un long trajet : un problème de chameau dans le moteur nous a retardés. Encore de l'attente à Ségou; assise sur le trône d'un cireur de chaussures, je regarde, tandis qu'il me demande s'il peut décrotter mes pompes de marche dégueulassées par les mares de "flotte". Le trajet vers le camp s'est fait d'abord en cabine-moto puis à dos d'âne pour nos veinards de sacs. Les rues sont comme à Bamako des bourbiers puants, mais tellement vivants et euphorisants. Là est tout le paradoxe malien. Dans mes récits de voyage, j'ai oublié de préciser que le Mali était l'un des pays les plus miséreux du monde. Les enfants se baignent nus dans les flaques de boue, mendient, crèvent du sida ou de la malaria, mais avec toute ces population, et surtout ces enfants, c'est une indicible aventure que nous partageons, bien plus qu'une tiède soupe humaine humanitaire. Quelques notes de balafon, j'assouplis mes mains sur la peau du djembe. des swing de nuits noires. Je pense bientôt être en mesure de faire un concert au new-morning ! Chaleur. Des repas à l'ombre des goyaviers, assis en tailleur sur une natte. Les chèvres, les lézads, les poules, les mouches avec nous. Une carafe d'eau, une fourchette à cinq doigts d'une main. Du riz, du manioc, du jus de gingembre. Et des litres de flotte au goût de piscine et de bissap siffléees. La peau irlandaise se teinte doucement des tintements du soleil bleu touareg. Et parfois, le ciel d'un seul coup se fend et déverse des paquets d'eau. Ces jours de pluie, ces nuits de pluie, rien d'autre à faire que de poirauter sur la terrasse couverte, de regarder les lézards faire des pompes sur les rochers, de chasser les insectes chelous qui sortent de terre, de regarder le niveau de l'eau monter, et prier pour que ça s'arrête et qu'il n'y ait pas besoin de ramer avec une pinasse pour aller au marché des légumes ou des bestioles.
Peuple d'eau peuple de sable. Les amis du camp sont cools. Une bande de rasta maliens et togolais fumant et buvant du thé noir nous tiennent parfois compagnie le soir. Peuple hallucinant ! Ce matin déclaration de présence à la police de Ségou. Le commandant de brigade nous reçoit, reggae-bière- et souuuuuuuuuuuuus le soleil à la tv ! Peuple de mômes ! C'est surtout pour eux que je suis venue, et là dessus, il n'y a rien à regretter. Ils sont fracassants, émouvants. Ils vont vendre des bous de bois pour aller ensuite acheter pour nous aux touregs des cadeaux. Ah ça pour sûr, rien à voir avec tous les mômes que j'ai pu croise jusqu'ici. Mais ça, ça mérite une note particulière... La mission d'alphabétisation est lourde : un petit bouquin pédagogique "mamadou et binetta" comme unique support, pour ces enfants avec lesquels il faut appendre quelques mots de peul et de bambara pour communiquer.
avant que de ne rentrer au camp, à dix dans une petite carriole, message particulier à mac-mülli et à gastoune : bon anniversaire !!! j'ai trinqué au rhum-bissap en pensant bien à vous
à bientôt pour de nouvelles notes noires et blanches, pour un concerto en mi la malien !!!
20:39 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note







Commentaires
plaisir d avoir de tes news
mdg tout pareil, princesse
Ecrit par : capitaine abandonne | 10.07.2008
Merci Manu !!
Bon anniversaire à toi aussi ;)
Merci aussi de nous faire voyager et de partager cette belle expérience à travers ton blog.
N'ayant pas de rhum-bissap sous la main, je vais de ce pas nous servir un petit verre de vin bien de cheznoo pour trinquer à ta santé !
Profites bien de ton séjour :)
Bisous du Gastoun
Ecrit par : Gastoune | 11.07.2008
Je cite "des lézards qui font des pompes sur les rochers"...
Toi, ça ne s'arrange vraiment pas avec les années !
Je te souhaite un joyeux anniversaire.
Quelle force de bonheur tu as...
Esteb.
Ecrit par : Esteb :) | 11.07.2008
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