11.07.2008

Elles ne pleurent pas....

Elles s'appellent Aya, Fatoumata, Kadidja.... Elles sont belles comme des coeurs. Mais bien souvent, lorsqu'elles sont fillettes, un dimanche, à Bamako, leur maman leur dit de se préparer, de se faire très très belle, car elles vont aller se promener. Les filles se parent de leurs plus beaux tissus, lissent leurs tresses. Et la voiture d'un voisin, d'un tonton arrive et emporte les femmes. Destination inconnue. Puis enfin une case. Une dame est là, avec son sac en bandoulière. La case a été voilée de tissus blancs. Pour purifier l'intime cérémonial. Les femmes chantent des chansons douces en bambara, en peul ou en songhaï, leur promettant mille cadeaux mille bonbons mille baisers si les fillettes ne pleurent pas. Elles ne pleurent pas, elles hurlent.

Toutou est un mot trop tristement connu ici, trop sauvagement mutilé. L'excision est répandu. C'est aussi une de mes raisons d'être ici. Convaincre les filles de la barbarie de l'acte pratiqué par des sorciers. Ces derniers sont pourtant chassés par l'état malien, pour avoir affirmé que les campagnes de vaccination de l'unicef étaient dangeureuses pour la santé des mômes. Mais les filles nous racontent souvent cette même rengaine qui donne envie de gerber. J'ai mal dans mon corps à les écouter; honte aussi d'avoir mal. Surtout lorsque des années après elles nous racontent toujours hurler de douleur.....

Écrire un commentaire