20.07.2008
Blanc comme du lait pur

C'est l'heure des bassines. L'heure du morceau de savon noir et des fringues crasseuses accumulées au fil des derniers jours. C'est un peu la corvée. Quelques heures de marche dehors suffisent à rendre les fringues vraiment sales. Et après quelques semaines africaines, je commence à comprendre ma grand-mère qui racontait que l'invention qui avait le plus révolutionné sa vie était le lave-linge. Je ramasse tuniques et petites culottes éparpillées au quatre coins de la petite pièce vide qui me sert de chambre. Je n'ai même pas le temps de m'installer sur mon caillou, sous mon manguier que trois petites têtes en guenilles déboulent d'on ne sait où : "donne donne donne emmanueeeeeeeeeeeeelle, nous vouloir faire ton linge propre" "non, non, non, mais ça ne va pas la tête ou quoi, ça va aller les filles, vous êtes très gentilles, mais vous pouvez continuer de vous amuser et de jouer à l'élastique !"
Et ben même pas dans mes rêves qu'il va falloir palabrer. La honte ! Mes trois bouts de chou en guenilles sont déjà agenouillées, au travail, le nez dans mes bassines. Et ça frotte, ça frotte. Vigoureusement. Rieuses lessiveuses, éclatantes de fierté de laver mon linge plus toubab que toubab. Je ne sais pas si mon linge a un seul jour été aussi blanc que le jour même où j'ai acheté mes fringues. Mes trois petites lessiveuses d'un jour ont le coeur aussi pur que du lait blanc....
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