20.07.2008
Honni soient ceux.... (oui je sais, elle est facile celle là)
Au Mali, à l'entrée des bars, il n'y a pas de grand gaillard blanc blond péroxydé aux bras croisés dans un costard bien taillé, qui vous le taille le votre de costard en vous disant : "heu, nan, là je crois que ça ne va pas être possible" avec un sourire aussi large qu'un vol charter gouvernemental.
Au Mali, tous les soirs, c'est le bal des alophènes. Les gardiennes du temple veillent aux portes de ma moustiquaire. A la moindre sortie de la yourte, c'est le déluge. Les erynnies foncent dard dard devant.
Au Mali, les tout petits enfants ont le même regard halluciné quand ils croisent sur leur chemin un "toubab" que nos p'tits bouts quand ils voient pour la première fois un noir. Un blanc. La différence. Mais au Mali, les parents les laissent nous toucher les cheveux blonds, la peau lactée, les enfants ici ne se prennent pas une tape sur les doigts genre "oh ne te comporte pas ainsi avec des gens de peau de couleur différente il va croire que tu es raciste". Pas de xénophobie refoulée ici. Je me dis que nos comportements gaulois face à la "negra derma" engendrent crainte et peur de l'autre, et progressivement rejet et haine.
Au Mali, y en du boulot concernant l'éducation sanitaire et sociale des mômes. Les enfants parlent peu ou mal le français, la langue officielle. Les filles, sous couvert de la tradition qui veille malheureusement au grain, ne sont pas scolarisées. La contraception est encore peu répandue. Les filles, la pilule, elles la prennent par poignées de cinq comprimés lorsqu'elles ont mal à la tête. Les filles pensent parfois encore que maman a sûrement raison lorsqu'elle évoque les textes religieux pour limer les organes génitaux "tu te rapprocheras de la créature originelle androgyne". Les rues sont grouillantes de mômes, qui travaillent ou galopent jusqu'à tard dans les rues. Les mômes jouent au foot, se prennent pour droghba, dans les flaques de boue, avec les pieds des ânes pour cage de but, et des claquettes usagcomme gants de gardien. Les mômes dans certains villages ne connaissent parfois que le mot "cadeau" "cadeau" "cadeau" et lorsque le touriste averti que le backchich est une antisolution à la misère des enfants et leur répnd "warite bonbonte bic te" "j'ai pas de fric, j'ai pas de bonbon j'ai pas de bic", les petis tentent quand même de t'arracher ta montre ou ton sac....
Mais parfois il y en d'autres, en petite culotte déchirée et pieds nus, qui se battent pour te serrer la main, et ne plus la décrocher, ta main, et faire cinq kilomètres dans la caillasse pour t'accompagner jusqu'au cyber.
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