11.08.2008
Mes nuits avec Monsieur l'Ambassadeur, Tom-Tom et Nana....
Forcément une Manu, même en voyage, a toujours son cahier, son crayon et quelques livres dans ses tuniques et ses chapeaux...
Mes premières nuits maliennes, j'ai eu l'honneur de les passer avec Monsieur l'Ambassadeur. Arf, moite Ethiopie. Mouarf, j'essaie pourtant, mais non, non, non, non, décidément non, "asmara ou les causes perdues" de jean-christophe rufin a eu du mal à passer. Le Goncourt Rouge Brésil m'avait pourtant laminée comme rarement des livres, tels des bahines, m'ont chopée. Quand on lit un livre qui vous fracasse le crâne, il faudrait à jamais s'interdire de lire le reste de l'oeuvre de l'auteur. C'est le cas de Ruffin, mais c'est pas de bol, il est locace l'ambassadeur du Sénégal, il est sous les feux de la rampe, avec sa nomination méritée à l'académie française pour remplacer troyat. La tentation chez le libraire est donc grande. Juste eu un peu de quoi méditer sur les causes et les conséquences de l'action humanitaire, mais le récit s'est vite embourbé dans une passion digne de "au coeur du péché" (une série brésilienne de la trempe de santa-barbara qui passe tous les jours au mali). Bref non... Désolé Monsieur l'Ambassadeur, je garde mes louanges pour rouge brésil et les autres à venir...
Romain Gary, Londres, Le Clézio, Malouf, Tabucchi, Pasolini.... Mention spéciale pour Gary et son "au delà de cette limite votre ticket n'est plus valable" : vif, percutant, saisissant. Et le Clézio toujours impérial, le compagnon de toutes les épopées...
J'ai bien lu, le dernier en date, un vieux j'aime lire qui traînait dans un dispensaire de Bamako, samedi matin... Une insupportable lecture. Se retrouver au restaurant des Dubouchon avec Gino Marteau qui sert une bavette-haricots au beurre à Madame Pois-Pois, c'est du supplice.
Alors terminée la lecture, mais bientôt aussi terminé le riz au gras :)
La fin du voyage est proche, le retour vers la France aussi. Me voici de retour à Bamako après un petit périple à travers le Mali. Carnet en main, j'ai pris de nombreux croquis au fil des jours avec des mots doux et-ou amers comme le pays. D(s mon retour, je vais me poser, télécharger les photos et compléter le blog par les notes de voyage.
Les heures sont de moins en moins nombreuses jusqu'à l'heure du départ, mais elles sont aussi de plus en plus longues. Les journées sont moites, les moustiques maliens commencent à réaliser mon existence sur le territoire. Si je suis bien contente du voyage, rester quasiment deux mois dans un des pays les plus miséreux et misérables du monde n'a pas tous les jours été de soi. De Ségou à Tombouctou, le pays m'a plus d'une fois retournée comme une crêpe, émue, fait ricaner de colère, rêver, ..... bref des expériences riches pour des sentiments contradictoires. Il commence à me tarder de rentrer pour digérer tout cela, prendre du recul, et justement essayer de trouver le fil d'ariane emmêlé dans tous les paradoxes maliens.
Reçu beaucoup de mails et des textos qui demandaient le pourquoi du silence sur le blog. C'est tout simplement parce que je n'avais pas accès à internet, et lorsque j'y avais accès, soit pas le temps ou soit pas la tête à me poser sur le blog. En tout cas, je vais bien. Je pète la forme et lorsque je vois l'hécatombe qu'a été le camp chantier pour les compatriotes français, je me dis que j'ai eu une chance pharaonique de garder la bonne santé. Il y a juste ici depuis mon retour à Bamako où je me fais bouffer par les moustiques, et un p'tit couillon a réussi à trouver le chemin jusqu'à ma cicatrice post-opératoire et j'ai bien douillé.
Tout va bien et le retour est imminent, avec des photos, le récit de voyage, des beaux souvenirs maliens et plein de rêves calédoniens.
message particulier au karité : très hâte de planter ma moustiquaire sous un pont sur les berges en bord de seine
tchô et à bientôt
16:02 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note







Commentaires
Ah ces bretonnes, c'est du solide :) Heureuse que tout aille bien, malgré ces petits moustiques qui ont le don de trouver ce petit bout de chair qu'ils aiment tant.. comme je te comprends ;)
Bientôt le retour et déjà la fin de ce beau périple africain qui aura tenu toutes ces promesses je pense
Kenavo
Ecrit par : Céline des îles | 12.08.2008
A chaque fois on plonge avec délice et curiosité dans tes récits africains riches en mots, en images, en émotions ce qui confirme que tu es une fille pas comme les autres...Mais en tout cas quelqu'un de formidable...
L'échéance de cette aventure sera surement bienvenue mais difficile aussi...Prendre du recul comme tu le dis si bien, ce sera je pense de bonne augure.
Merci pour nous avoir permis de te suivre tout au long de ce chemin poussiéreux et arides du Mali.
Bon retour...Plein de bisous...
On a hâte de loucher sur tes clichés et tes notes!!
Laure
Ecrit par : laure | 12.08.2008
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