23.09.2008
A vendre billets de train de/pour Strasbourg
En vente, ici même sur le site de la bloggeuse, des billets de train de et pour Strasbourg.
Début du mois de décembre, le week-end du 8 et celui du 14. Un petit voyage qui sent bon le pain d'épice et le vin chaud à la cannelle. Pleine période des marchés de Noël. Prix intéressants de prem's non remboursables non échangeables (forcément).
Affaire exceptionnelle à saisir dans les meilleurs délais avant qu'il n'y en ait pû du tout !
Kougloffesques salutations !
19:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.09.2008
Au boulot !
Ayé...
Je vais provisoirement pouvoir arrêter de surfer sur les sites de recherche d'emploi. Je commence demain matin. Ca n'aura finalement pas été trop trop long. Et les premières cartouches auront été les bonnes. J'ai finalement préféré le CIDJ à l'ENS. Les conditions à l'Ecole Normale Sup n'étaient pas forcément les meilleures malgré le prestige de l'établissement. La Rue d'Ulm restera un sacré souvenir : comment passer à la moulinette lors d'un entretien de recrutement. Rajoutez à cela une probable crise de palu, ça a donné quelque chose d'assez fulgurant. Avec le recul de quelques jours, ils m'ont vraiment prise car ils n'avaient personne d'autre sous la main je pense. Donc ce sera le CIDJ. Et un vrai choix de coeur pour le coup ! Le CIDJ faisait partie des organismes que j'aurais contactés spontanément pour des candidatures enthousiastes et pleines de motivation. Pas un contrat long, juste trois petis mois, mais c'esttoujours cela de pris, histoire de mettre le pied à l'étrier parisien. Le poste me plaît bien, mais si je vais avoir du boulot pour être opérationnelle : chargée de projets d'orientation et d'information à destination des jeunes. Tant pis pour les CFA ! Ils ne savent pas ce qu'ils loupent !
Petite pensée pour Satine et pour son saligaud de papa qui a pour le coup foutu en l'air ma dernière grasse matinée !!! Mais c'est un réveil qui m'a pour le coup sortie de mon lit en deux deux. Une belle journée qui commençait. Immanquablement.
16:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.09.2008
Tombouctou, un désert tel une île inaccessible
Ville sans race. Arabes, touaregs. Après des mois de désert ou de longue montée sur le Niger, Tombouctou était la cité du plaisir, la nuit tant attendue des caravaniers.
Tout est blanc autour de moi. Le désert ondule. Un vent léger fait moutonner les petites crêtes sur les dunes dorées. Un chameau navigue à l'horizon. Terre ! Terre ! Tombouctou ! Cité enfantée d'un dieu sylvestre, d'un dieu éolien, d'un dieu neptunien.
Tombouctou, des portes. Des portes grandioses, bois et argents sculptés, derrière lesquelles on devine des petits garçons récitant des sourates et autres versets coraniques. Des portes massives derrière lesquelles on devine des femmes au teint bleu indigo cassant le sel, berçant un bébé, cuisant l'igname. Des portes qui s'ouvrent derrière lesquelles les artisans touaregs invitent à s'asseoir et regarder cisailler les métaux. Des parfums de menthe poivrée et de sucre. Des portes derrière lesquelles se cachent mille grimoires magiques, ceux de la Bibliothèque René Caillé, géographes et poètes d'une Arabie lointaine, si présente.
Tombouctou, une Porte. Les portes du désert. Un désert immense, engloutissant où les hommes, les bêtes, l'eau, le sable et l'or ont la même valeur, la même irremplaçable futilité. La route apporte la connaissance, la richesse, la liberté. Les êtres du désert sont des gens du ciel. Soit pour remettre leur vie au Créateur ou ancrer leurs pas dans ceux des étoiles, observer le vol des oiseaux de proie, écouter les jappements d'une hyène trop proche.
Un sentiment indescriptible, après deux jours et trois nuits de pinasse sur le Niger, difficile de décrire ce que l'on ressent après un camp humanitaire, un séjour dogon, épuisants physiquement et nerveusement. Les yeux lacérés par les vents de sable, la bouche tuméfiée par une eau tiède et sablée, le corps brûlant, sale, tordu par mille courbatures, couvert de sable... on voit enfin apparaître une cité de sable. Une cité silencieuse et calme. Entre les murs de Tombouctou, la chaleur est écrasante. Du port jusqu'au désert, je marche savourant ce silence auquel mes oreilles n'étaient plus habituées. Seize heures, les portes s'ouvrent, les palabres de marchands libanais reprennent, à mesure que le soleil décline, crissent les pailles, mêlés de cris de bêtes et de tintements de cuivre. Un homme à genoux sur une peau de chèvre, les yeux rougis par une probable rumeur de maladie, un homme à genoux sur une toile de prière, chante une sourate. Le ciel est blanc, les escaliers sont blancs, les vents sont blancs. Phil Collins grésille dans un vieux poste de radio perclu d'arthrose. Première nuit à Tombouctou, la nuit tant attendue des caravaniers.
14:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.09.2008
Partie de poker (en attendant la coinche)
Comment que ça se goupille la recherche de boulot ?
Pas mal pour l'instant. Beaucoup d'offres de postes déjà. C'est une réalité, les rivières sont plus poissonneuses question boulot ici, et ça mord aussi. Une belle surprise, je ne m'attendais vraiment pas à tant de postes dans mes cordes (je ne parle pas de remplacements de prof de français en ZEP, ça, y en a des louchées...). Plus belle surprise encore, les entretiens qui commencent à s'enchaîner. Qui durent des plombes. C'était comment Saint-Pierre et Miquelon ? C'était froid. C'était comment le Mali ? C'était chaud. Des cartes que j'arrive dans l'ensemble à aligner... Et pour le coup c'est une vrai partie de coinche virtuelle...
Je profite de mes matins pour pioncer et récupérer de ma grosse grosse fatigue malienne, car je sens que les séances de grasse-mat', ça se compte maintenant sur les doigts des deux mains.
je sais, on ne vend pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué...
...Mais j'en ai déjà un de gros nounours de tué ! ! !
à suivre au prochain numéro
manu
J'en profite pour faire passer une annonce parenthétique : nous sommes à la recherche d'une paire de coincheurs parisiens pour remplacer erwan et fabienne. la barre est haute. Beloteurs acceptés. étudions toutes propositions.
D'ailleurs si paire de coincheurs secteur géographique morlaix il y a, me faire parvenir aussi les propositions, je ferai suivre à erwan :)
18:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.09.2008
Les photos ! les photos ! les photos !
les photos ! les photos ! les photos !
pwarf, une belle crânite aiguë à télécharger (commencer à) télécharger les photos. j'en ai plein les chemises et les chapeaux. Clic gauche sur la colonne de gauche de la page d'accueil du blog, tchouc, tchouc, lien "bouilles africaines", jai dû en mettre environ une petite centaine. D'autres louchées à venir les prochains jours...
Quelques bretonnes, canadiennes, américaines, saint-pierraises & miquelonais, andalouses etc....
Petites notes en clair obscur en préambule...
17:52 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
En mat ou en brillant ?
Les photos... Le Mali est un pays indécent. Le nikonchnikov dans le fond du sac qui démange. Combien de fois il ne m'est pas arrivé d'être là face à une scène banale de na pas pouvoir dégainer et shooter. Indécence de l'appareil photo. Indécence d'une simple présence parfois. Etre là et se dire : "c'est pas possible, personne ne me croira quand je raconterai ça à mon retour..."
Fragment 1 L'orphelinat de Bamako...
Fred est venu me chercher tôt ce matin. Il m'avait pourtant prévenue que si je voulais vraiment voir à quoi ressemblait l'orphelinat, il fallait que je me lève tôt. Dans la nuit. La gueule dans le pâté, je me suis levée, un bol de nescafé et deux chocos. Et on est partis. Une rue sombre. Des margouillats courant dans les détritus. L'orphelinat dort encore. Mais il faut aller fouiller les poubelles voir si des bébés n'ont pas été abandonnés cette nuit. Non, ce n'est pas possible, à la rigueur un tous les trente-six du mois, tu exagères pour me provoquer Fred.... Non, non, non, Emmanuelle, tu vas voir, on va en trouver au moins, les jeunes femmes qui accouchent toutes seules clandestinement savent que c'est ici dans cette rue qu'on recueille les bébés, tiens prend une couverture pour recueillir les nouveaux-nés si on en trouve. Des roses, des choux et des poubelles. Les p'tits bouts naissent parfois ici dans les poubelles... Bonne pioche cette nuit pluvieuse. Deux p'tits bouts. Qu'il a fallu aller déclarer à la police. Qu'il a fallu emmener ensuite à l'hôpital voir s'ils allaient bien, ce qui signifie voir s'ils étaient séropositifs ou non. Et au service pédiatrique de l'hôpital, en rang d'oignons, des bébés malades, des tas de bébés malades. Sida, sida, sida, sida, sida m'indiquait un infirmier pour me dresser un état des lieux des petits lits alignés. Des pleurs, des cris, un manque de place, un manque de seringues, un manque de mains, un manque de soins, un manque total de formation du personnel, des odeurs d'urine, de vomis, de mort. Ca crève à la chaîne au service pédiatrie du dispensaire de bamako. Mais ce n'est pas trop grave, les lits ne restent pas vides longtemps. Comme des sacs de riz, on vire pour accueillir des nouveaux bébés. Etre là, muette, silencieuse, sans voix. Face à l'indicible. Bamako s'éveille. Des enfants jouent déjà au foot dans les rues, des étoiles plein les yeux, devenir le nouveau droghba ou le nouveau tigana : deux ânes en guise de cage de but. Des coups de bâton pour tenir les mulets tranquilles, une canette vide de coca comme ballon rond, sproutchhhh un tir en pleine lucarne entre les pattes de l'âne. L'indécence est partout. Point de pellicule. La peau mate et les yeux brillants de maladie, d'abandon ou de joie des enfants maliens...
00:06 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.09.2008
Deuxième mouvement introductif
Alors voilà, un peu de temps devant moi en attendant de trouver du travail à Paris... Forcément, j'ai délaissé le blog. Je n'ai tout simplement pas eu accès à internet sur une bonne partie du chemin, à l'issue du camp humanitaire. Mais des notes et des photos, j'en ai pris plein mes chemises et mes chapeaux. Petit à petit, je télécharge, en mat et en brillant. Et le blog continue ! En chantier enchanté !
Les prochaines notes : des Fragments de voyage, des éclats de souvenirs, des mots saisis au fil des escales, sur le rives du niger et en plein désert. Tout le monde me demande : "alors ? alors ? alors ?"... Des fragments, éclats bruts, écrits au jour le jour à la lumière des étoiles. Des réflexions avec le recul... Et les petites nouvelles automnales....
23:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le retour : au funambule la corde est raide....
Septembre. Ses grandes marées. Le retour qui se fait doucement. Emerger de ces mers africaines. Difficile cap du retour. Laminée par une vague de fond, croche-pattée au moment où je m'y attendais le moins. Revenir à la réalité. Et l'impossibilité de retrouver mes repères, car ces derniers ont tout simplement volé en éclat durant cet été en mon absence. Mettre le refuge roscovite en cartons, emballer tous ces jolis moments bretons, scotcher les souvenirs et les embruns. D'un granit à l'autre cap Paris. Fermer les classeurs finistériens, partir à la pêche au chalut pour draguer les offres d'emploi dans les sous fonds abyssaux de l'anpe. Les petits sentiers côtiers qui deviennent rocades. Des nuits froides. Le bide en vrac, plus habitué aux fromages de savoie et aux vins de bordeaux. Non pas le devoir de vite retrouver mes repères, ils ne sont plus là, mais assimiler cette nouvelle vie qui m'attend : paris, encore et encore les cartons, les sacs à dos, le chômage, le nouveau travail de damien, le vide finistérien et le vide africain, retrouver les rivages de ma vie, retrouver les visages de ma vie.... Une vie de nouveau à réinventer.
Au funambule, la corde est raide...
La corde a été en ces instants de retour raide. Le blues. Un point d'incision dans le coeur. Vague à l'âme. Humeur de cacatoès impaludé. Un mal incernable, sournois, qui se glisse. Le doute. Ca va bien, et puis d'un seul coup, paf ! un mal, comme une vieille fouine, froutchhhhh, le matin, en pleine journée, ou la nuit qui me tacle dans le dos. Tomber. Se relever. Tomber encore.... Et rester forte. Des années d'aventure. Cette ombre que je reconnais comme une vieille intime d'antan. Dépression atmosphérique, il n'y a pas d'autre mot pour qualifier ce nuage qui plane sur ma tête. Elle danse dans mes pattes, charme mes sensibilités, nargue mes failles. Mais aussi tant de force granitique : La vie a peut-être fait de moi une fille des tempêtes. La force ne se mesure jamais dans les moments de bien-être, elle se révèle toujours quand les certitudes vacillent.
Le louvre, des peintures flamandes avec paul. rembrandt, van eyck... de la lumière, de l'obscurité, les deux faces de la vie. notre société vit dans un idéal tellement absolu de bonheur qu'elle n'accepte plus les moments d'impasse. Comme je l'explique alors à aul, ça ne va pas trop trop trop en ce moment, j'ai du mal à revenir, mais ce n'est pas grave, ça passera. parce que c'est peut-être le prix de l'aventure, si je revendique l'aventure belle et pute, alors forcément je revendique aussi ces impasses, les surchauffes de moteur. Et paul me rassure : c'est normal, complètement normal d'être perdue manu, tu reviens de deux mois en afrique, c'est le contraire qui aurait été inquiétant, que tout aille pour le mieux dans le meilleur des monde, c'est même bon signe, ça veut dire que ce voyage t'a marquée et que tu as été au bout de l'aventure...
Quelques jours plus tard... Août est passé. Septembre est arrivé. La clé roscovite est sous le paillasson. Kenavo les goëlands. Maintenant, ce sont les pigeons viennent écouter France Inter le matin sur le balcon. La vie qui retrouve très vite du sens. C'est toujours difficile de réaliser un rêve, car il faut que de nouvelles folies, de nouvelles perspectives viennent scander le quotidien. Et ça repart... Ce n'était juste qu'une bonne panne de chameau dans le moteur. Quinze jours de bouderie coriace et de pessimisme furieux, à ne voir que le mauvais côté des choses. L'envie de me foutre des baffes. Et puis chassez le naturel.... Héhéhéhé la vie redevient décidément très belle.
Un voyage noir, blanc. L'expérience de la perplexité absolue. Le bonheur le malheur le bien le mal sont des valeurs très relatives. Rester là à sa place, ne pas juger ce qu'on croit naturel, mais qui n'est juste qu'un acquis culturel.
Une des grandes leçons africaines...
"Au funambule, la corde est raide, mais c'est plus excitant que de vivre à genou"...
23:13 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note






