09.10.2008
Un prix Nobel dans mon sac à dos
![images[7].jpg](http://palabresmaliennes.hautetfort.com/media/00/02/1479580305.jpg)
Jean-Marie G. Le Clézio a été nommé ce matin Prix Nobel 2008 de Littérature. Il s'est déclaré "très heureux" et "un peu ému".
Je me déclare très heureuse... Le fond de mon sac à dos a été nommé Prix Nobel de littérature... Je les regarde dans ma bibliothèque, tous ces Gallimard JMGLC bien rangés, un peu esquintés et froissés par tant de vadrouilles, jaunis par les coups de soleil sous les moustiquaires, reverdis par les siestes des landes saint-pierraises. Je crois bien que déjà dans ce blog, je lui ai rendu hommage. Un des rares compagnons de voyage littéraire. De ses mots voyageurs, j'ai plus d'une fois puisé comme à un puits dans un désert. J'aime lire, j'aime, la langue française est une passion, un peu vitale, un métier, des valeurs aussi. Un choix de vie. Mais c'est cette langue là, exactement celle-là, troublante et limpide, cette sensuelle poésie du verbe qui est aussi une sensualité poétique de l'existence, une oeuvre d'une grande humanité. Un maître presque. Un modèle littéraire et des personnages comme modèles humains. J'ai toujours pensé et répété que Le Clézio était une des plus magnifiques plumes de notre siècle. Non seulement parce qu'il honore notre langue et la sort de ses ghettos. Mais parce que moi, à une échelle un peu plus personnelle, ses lectures peuvent me ravager de bien-être. Et puis parce que si je suis devenue ce que je suis, et que je continue de devenir ce que je veux devenir, c'est parce qu'un jour j'ai lu "Désert". Il y a comme cela des êtres qui passent sur vos vies... Le Clézio fait incontournablement partie de mes grandes références, interférences, de ceux qui ouvrent les chemins. Une littérature d'hortensias et de henné. L'ici et l'ailleurs...
Bravo et Merci Mr Le Clézio...
Les Gallimard JMGLC bien rangés.. J'en ai pris un au hasard, j'ai ouvert au hasard...
"Une jeune fille muette est assise à côté de moi. Je sens le parfum de sa peau, de ses habits. Je sens son souffle régulier. Elle veille et je dors, je m'enfonce dans le rêve du temps où Dieu n'avait pas encore de visage, où régnaient ses esprits dans les pierres et dans le vent, dans les gouttes de la pluie, dans le soleil qui descend et dans le cercle de l'eau sous la lune."
19:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







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